27 décembre 2011

Les principaux facteurs de pauvreté

Ceci est un texte emprunté depuis le site: http://cec.vcn.bc.ca je le mets ici en cas ou la page disparait...

Quels sont les cinq principaux facteurs de pauvreté ?

La pauvreté, un problème social :
Le manque d'argent est un problème auquel nous avons tous été confrontés. Cette expérience individuelle n'est cependant pas à confondre avec la pauvreté en tant que problème social. L'argent étant une preuve tangible de richesse, le manque de liquidités n'en est pas moins un signe de pauvreté. Voir "Principes". La pauvreté en tant que problème social est un mal pénétrant qui affecte multiples aspects de la culture et de la société. Par conséquent, les revenus parmi les membres des communautés demeurent invariablement faibles, l'accès aux services tels que l'éducation, les marchés et la santé n'est que peu développé et les capacités de prises de décisions sont insuffisantes. Cette pénurie affecte également les installations sanitaires communales et l'eau courante, de même que les réseaux routiers et les facilités de transports et de communications.

 
Hormis cet état d' indigence matérielle et infrastructurelle, il existe une "pauvreté d'esprit" qui emprisonne les membres de cette communauté dans le maintien et le partage du désespoir, de l'affliction, de l'apathie et de l'inhibition. La pauvreté et en particulier les éléments qui l'y prédisposent, relèvent d'un problème social qui nécessite de même une solution sociale. Ce site de formation démontre qu'il ne s'agit pas de soulager les symptômes de la pauvreté, mais d'en supprimer les facteurs. Ce feuillet aborde les "cinq plaies", facteurs contribuant au problème social de la pauvreté.
Un simple transfert de fonds destiné aux victimes de la pauvreté ne suffira pas à faire disparaître ou réduire la pauvreté. Cette mesure ne soulagera les symptômes qu'à court terme et ne peut être considérée comme une solution durable. La pauvreté en tant que problème social appelle des mesures sociales, à savoir l'élimination totale, consciente et volontaire des cinq facteurs de la pauvreté.
Facteurs, causes et historique
Un "facteur" et une "cause" ne sont pas tout à fait la même chose. Une "cause" contribue à l'apparition d'un problème tel que la pauvreté, tandis qu'un "facteur" contribue à nourrir et à faire perdurer ce problème après son apparition.
Le colonialisme, l'esclavage, la guerre et les conquêtes sont autant de causes historiques qui ont, à l'échelle mondiale, contribué à la pauvreté. Cependant, ces causes et ce que nous considérons comme des facteurs d'entretien des conditions de pauvreté sont deux aspects sensiblement différents. La différence se manifeste dans notre façon de combattre aujourd'hui ces causes. Il nous est impossible de retourner en arrière et de changer le passé. La pauvreté existe. Elle a ses causes. Nos possibilités d'intervention sont orientées sur les facteurs qui entretiennent la pauvreté.
Durant les deux grandes guerres dévastatrices, de nombreux pays d'Europe furent réduits à la pauvreté la plus crasse, le peuple ne survivant qu'au crochet de l'aumône et de la charité. En quelques décennies ces pays se sont élevés à un niveau de revenus domestiques considérable, une ascension concédant à ces nations modernes de citoyens prospères un statut de pouvoir et d'influence. Nous savons également qu'une multitude d'autres pays demeurent toujours parmi les moins développés de la planète, et cela malgré les soi-disant "plans d'aide" s'élevant à plusieurs milliards de dollarsqui leur ont été accordés. Pourquoi ? Les facteurs de pauvreté ont été totalement négligés au profit exclusif des symptômes. Sur le plan national ou international, un faible PIB (Produit Intérieur Brut) ne renvoie pas directement à la notion de pauvreté ; il en constitue plutôt un symptôme en tant que problème social.

Les facteurs de pauvreté (en tant que problème social) énumérés ci-après l'ignorance, la maladie, l'apathie, la malhonnêteté et la dépendance ne peuvent être considérés qu'en tant que conditions sur lesquelles il ne nous appartient pas de porter de jugement de valeur quel qu'il soit. Ces conditions ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles font partie d'une réalité. Si l'intention de réduire et d'éliminer la pauvreté s'inscrit dans une démarche de groupe (communautaire ou sociale), l'observation et l'identification - sans jugement de valeur - desdits facteurs constituera une étape primordiale dans l'action menée pour éliminer cette pauvreté.
Les "cinq plaies" contribuent à leur tour aux facteurs secondaires tels que le manque de marchés et d'infrastructures, la médiocrité des gouvernements et de leurs dirigeants, le sous-emploi, le manque de compétences, l'absentéisme, le manque de capitaux et autres. Chacun de ces problèmes est d'ordre social, imputable à une ou plusieurs des "cinq plaies" qui contribuent à la perpétuation de la pauvreté. L'éradication des "cinq plaies" devient ainsi une nécessité si l'on veut éliminer la pauvreté.

Les cinq plaies


Ignorance
L'ignorance renvoie à un manque d'information ou de connaissances. Elle se distingue de la stupidité qui est un manque d'intelligence, mais aussi de la naïveté qui est un manque de sagesse. Ces trois caractéristiques sont souvent confondues.
"Knowledge is power", dit le vieux dicton anglais : la connaissance donne le pouvoir. Quelques individus trop conscients des vertus du savoir, s'emploient à taire certaines connaissances et à empêcher les autres d'y accéder, en vue de s'approprier un avantage peu équitable. Lorsque vous formez quelqu'un à une compétence spécifique ou que vous distribuez une information, ne comptez pas sur la transmission de ce savoir aux autres membres de la communauté.
Il est important d'identifier l'information manquante. La plupart des planificateurs et autres individus dotés de bonnes intentions oeuvrant pour fortifier les communautés, pensent que la solution est dans l'éducation. Or, l'éducation a plusieurs sens. Toute l'information n'a pas toujours sa place dans un contexte donné. Le fait de savoir que Shakespeare a écrit une pièce dans laquelle les personnages de Roméo et Juliette se donnent la mort ne sera d'aucune utilité à un fermier. La connaissance du type de semences en fonction de la qualité du sol, s'avérera en revanche nettement plus salutaire.
La formation proposée dans cette série de documents sur l'aide à l'autonomie des communautés initie de même au transfert d'information. Contrairement à une éducation générale dotée d'un programme d'enseignement reposant sur l'histoire et la causalité, l'information proposée ici a pour but de renforcer les capacités, et non de fournir une instruction générale.

Maladie
Lorsqu'une communauté est en proie à la maladie et à l'absentéisme, la baisse de productivité et les faibles ressources deviennent alors des conséquences inévitables. La maladie - hormis la misère, l'inconfort et la mort qui en résultent - est aussi un facteur de pauvreté considérable au sein d'une communauté. Le bien-être est un facteur qui vient non seulement seconder la richesse, mais qui contribue également à l'éradication de la pauvreté au sein d'une communauté.
Ici (et cela est valable dans d'autres contextes), il est préférable de travailler dans une otpique de prévention. Cette optique constitue un des principes de base de la protection contre les maladies. L'économie est plus saine si la population est en bonne santé, si les individus ne sont pas aux prises avec la maladie et les traitements. La santé, grâce à l'accès à une eau potable et saine, la séparation des installations sanitaires et de l'approvisionnement en eau ainsi que l'éducation en matière d'hygiène et de prévention de la maladie, favorise davantage l'éradication de la pauvreté que les cliniques, les médecins et les médicaments - solutions curatives et coûteuses.
N'oublions pas qu'il s'agit ici de facteurs et non de causes. Peu importe si le virus VIH générateur du sida était à l'origine une invention de la CIA destinée à développer une arme biologique ou s'il provenait du virus de Marburg atterri dans la soupe. Toutes ces hypthèses sont plausibles. Cependant, la connaissance des causes n'éradiquera pas la maladie. En prenant conscience des facteurs, - le but étant de les éliminer - il est possible de promouvoir une meilleure hygiène de même qu'une vraie politique de prévention.
Beaucoup de gens conçoivent l'accès aux soins médicaux comme une question relative aux des droits de l'homme : réduire la souffrance et la misère et améliorer la qualité de vie des individus. Ces raisons évoquées sont toutes valables en ce sens qu'elles contribuent à une population en bonne santé. Au-delà des raisons évoquées ci-dessus, il est vrai qu'une population en bonne santé contribue à l'éradication de la pauvreté, que cette pauvreté se mesure non seulement par un taux élevé de misère et de mortalité, mais aussi par la maladie contribuant à la pauvreté sous d'autres formes.

Apathie
L'apathie se caractérise par une indifférence, un sentiment d'impuissance qui empêche les individus de changer l'état des choses, de réparer une injustice, de corriger une erreur ou d'améliorer les conditions de vie.
Certains individus accaparés par le sentiment d'incapacité deviennent jaloux d'autres membres de leur famille ou de leur communauté, lorsque ceux-ci manifestent davantage de volonté. Ils tentent alors de discréditer les efforts des plus ambitieux afin de les ramener à leur niveau de pauvreté. L'apathie engendre l'apathie.
L'apathie se justifie parfois à travers des préceptes religieux : "Accepte ta condition car Dieu a décidé de ton destin". Il arrive que ce fatalisme soit détourné en guise d'excuse. La croyance selon laquelle notre destin dépend d'une volonté divine est légitime si l'on accepte que notre motivation à progresser en dépend probablement de même. "Prie le bon Dieu et rame jusqu'au rivage". Ce proverbe russe démontre que nous bénéficions de la protection de Dieu mais que nous détenons également une responsabilité en termes d'auto-assistance.
Dieu nous a parés de multiples compétences : le choix, la coopération et l'organisation nous permettent d'améliorer la qualité de nos vies. Dieu ou Allah ne peuvent être invoqués comme excuse pour justifier l'inertie. Cette méthode revient à maudire Dieu. Il s'agit plutôt de louer Dieu et d'utiliser les talents qui nous ont été attribués.
Dans le contexte de la lutte contre la pauvreté, le mobilisateur s'emploie à encourager et à complimenter, de sorte que les individus (1) se sentent motivés (2) et apprennent à prendre leur propre vie en main.

Malhonnêteté
Lorsque des fonds destinés à financer des travaux d'intérêt public ou des services sont détournés dans l'intérêt privé d'un individu haut-placé, nous ne nous attardons pas sur la question morale d'un tel acte. Dans cette série de formation, il ne s'agit pas d'émettre un jugement de valeur en vue d'étiqueter ces procédés comme bons ou mauvais, mais de souligner le fait que ces actes sont une cause majeure de pauvreté. Les sommes d'argent détournées du public et perçues par un individu sont bien moins importantes que leurs répercussions sur ce public, à savoir l'affaiblissement des ressources qui lui sont destinées.
En effet, le montant dérobé ne correspond pas à l'étendue des ressources dont la communauté se verra amputée. Les économistes parlent d'un "effet multiplicateur". Le bienfait d'un nouvel investissement sur l'économie est largement supérieur au montant investi. Inversement, lorsque des fonds d'investissement sont détournés de leur circuit, la privation des ressources infligée à la communauté est bien plus importante que le bénéfice dont jouira l'usurpateur. Lorsqu'un fonctionnaire accepte un pot-de-vin de 100 dollars, l'investissement social est alors amputé d'un montant s'élevant jusqu'à 400 dollars en termes de ressources sociales.
Il est pourtant ironique de constater notre indignation lorsqu'un petit délinquant commet dans un supermarché un vol d'une valeur de 10 dollars, tandis qu'un fonctionnaire détourne impunément 1000 dollars provenant des fonds publics, infligeant ainsi 4000 dollars de dommages à l'ensemble de la société. L'usurpateur est respecté pour sa richesse apparente, il est admiré pour ses élans altruistes envers sa famille et ses voisins. Le petit délinquant lui, nécessite la protection de la police pour ne pas être exposé à la violence de la rue.
Alors que l'usurpateur contribue largement à l'appauvrissement de son pays, il est fort probable que le petit délinquant, lui, soit une victime de la pauvreté générée par l'usurpateur en question. Notre attitude décrite dans le paragraphe ci-dessus va bien au-delà de l'ironie ; cette attitude, elle aussi, perpétue à sa manière la pauvreté. Si nous récompensons le malfaiteur responsable de dommages considérables et laissons nos institutions punir les vraies victimes, nous contribuons nous aussi par le truchement de notre attitude déplacée, à la pauvreté. L'argent détourné et placé dans un compte en banque à l'étranger (suisse, par exemple), ne contribue en rien à l'économie nationale ; cet argent ne sert que les intérêts des pays ou des banques hors-lieu.

Dépendance
La dépendance procède d'un état nécessiteux faisant appel à la charité. A court terme, après un désastre, la charité est essentielle pour assurer un niveau de survie. A long terme, il est probable que la charité compromette la survie des victimes tout en contribuant de manière certaine à la pauvreté.
Il existe une attitude, une croyance selon laquelle la pauvreté et la nécessité absolue d'un individu ou d'un groupe ne pouvant subvenir à ses besoins, doit être tributaire d'une assistance extérieure. Cette attitude et croyance partagée constitue le plus grand facteur s'auto-justifiant par le maintien d'un individu ou d'un groupe dans une condition de dépendance extérieure.
D'autres documents sur ce site font référence à la dépendance. Voir : La dépendance et la révélation des ressources cachées. L'histoire de Mohammed et la corde est un exemple-clé de récit fréquemment narré en vue de communiquer quelques principes essentiels de développement. Il s'agit en l'occurrence du principe selon lequel l'assistance ne doit pas être une forme de charité qui encourage la dépendance et qui affaiblit. L'assistance doit au contraire donner une force d'autonomie.
La méthodologie de l'aide à l'autonomie destinée aux communautés n'est pas à confondre avec l'aide par le biais de la charité - initiative qui affaiblit. La première de ces deux méthodes propose aux communautés à bas revenus assistance, capitaux et formation, les aidant ainsi à identifier leurs ressources et à prendre contrôle de leur propre développement - un cheminement vers l'autonomie. Très fréquemment, et jusqu'à ce qu'une prise de conscience s'effectue, les bénéficiaires d'un projet destiné à promouvoir l'autosuffisance ne vivent que dans l'attente et l'espoir d'un apport de ressources consacré à l'installation d'une infrastructure ou d'un service au sein de la communauté.
Parmi les cinq facteurs majeurs de pauvreté, le syndrome de dépendance est une des préoccupations les plus importantes du mobilisateur d'une communauté.

Conclusion
Ces cinq facteurs sont tous corrélés. La maladie contribue à l'ignorance et à l'apathie. La malhonnêteté contribue à la maladie et à la dépendance, et ainsi de suite. Ces cinq facteurs contribuent tous les uns aux autres.
Tout changement social nous amène à "penser globalement et à agir localement". Les cinq grands facteurs de pauvreté sont vraisemblablement très répandus et profondément ancrés dans les valeurs et pratiques culturelles. Il est probable que nous sous-estimions à tort l'échelle de nos moyens d'intervention pour contrer ces facteurs.
Ne désespérez pas. Si chacun d'entre nous, quelle que soit sa situation, s'engage personnellement à lutter contre les facteurs de pauvreté, nous pourrons ensemble, grâce à l'effet multiplicateur de nos actions, contribuer à la disparition de ces facteurs ainsi qu'à la victoire ultime sur la pauvreté.
Le matériel de formation figurant sur ce site a pour mission de réduire la pauvreté sur deux fronts : (1) la réduction de la pauvreté collective en mobilisant les groupes d'une communauté pour favoriser en son sein l'esprit d'équipe, l'organisation et l'action communautaire, puis (2) la réduction de la pauvreté personnelle en créant des richesses par le développement des microentreprises.
Vous, le mobilisateur, détenez un rôle-clé de part votre impact sur les cinq facteurs de pauvreté. En exerçant vos compétences de mobilisateur et en appliquant les connaissances acquises par la formation à la réduction de la pauvreté, votre ligne de conduite sera intègre. Vous empêcherez ainsi la corruption du système et encouragerez tous vos participants à oeuvrer à leur propre rythme en faveur de la réduction de la pauvreté, tout en bénéficiant de vos conseils et de la formation que vous leur donnerez.
Les cinq grands facteurs de pauvreté (en tant que problème social) comprennent : l'ignorance, la maladie, l'apathie, la malhonnêteté et la dépendance. Ces "plaies" contribuent à leur tour à d'autres facteurs secondaires tels que le manque de marchés et d'infrastructures, le manque de qualités de direction, l'incompétence des gouvernements, le sous-emploi, le manque de compétences, de capitaux et autres.
L'on répond à un problème social de pauvreté par une solution sociale en éliminant les facteurs de pauvreté.

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